nouveauté

En 2003, Anne Deniau rencontre Nicolas Le Riche : illumination. Il danse, elle photographie, ils se croisent.
Elle lui tend son reflet, il observe, et ne dit rien, à part « continue » : c’est un danseur, les mots sont rares.
Il se tait, mais il l’emmène, partout où ses pas d’homme et de danseur le conduisent.
Il lui donne à voir. Elle inscrit. Il regarde. Ils s’apprivoisent.
Sans objectif, sans intention à priori. Le désir d’être inutile, et la beauté du geste.
Les images se succèdent, comme autant d’actes gratuits, pièces hétéroclites d’un cabinet de curiosités construit au hasard.
Portraits, instants furtifs, reportages, images de mode, bizarreries, tout s’enchaîne et rien ne se mélange,
au contraire, ça se précise. « J’avais l’impression de le peindre à petites touches, pas à pas.
Le temps était accessoire. Je le photographiais sans volonté, ou plutôt, au-delà de toute volonté,
comme une évidence » dit Anne Deniau. Il l’encourage, le chemin est lumineux. Echos et coïncidences.
Effet miroir, accord tacite : le désir de rassembler ces images, volatiles et essentielles, s’impose finalement
à eux comme une nécessité. Cinq ans déjà, pour une partition à deux voix, insensée, écrite à 4 mains, 2 pieds, et un regard.
Ils ont voulu un livre double, qui s’ouvrirait de deux manières, selon deux angles : Nicolas exposé et sous-exposé, en scène
et ailleurs. Autour de lui tous les reflets d’une vie, amis et danseurs – Sylvie Guillem, Kader Belarbi, Wilfried Romoli...-,
chorégraphes – William Forsythe, Mats Ek, Trisha Brown, Benjamin Millepied... -, et bien davantage, une somme d’émotions :
« il n’y a qu’une vérité, je l’ai trouvée dans ces images, il n’y aura donc qu’un seul livre » précise Nicolas Le Riche.
L’ouvrage d’une vie, donc, NICOLAS / LE RICHE est un hommage unique frappé du sceau de la sincérité,
la vision privilégiée d’un jeune homme, de 2003 à 2008, un recueil intemporel de plus de 300 photographies
pour illustrer la vie d’un artiste hors du commun. « Dans regarder il y a garder. J’ai tout gardé, pour tout
lui offrir. Nicolas ? Si loin, si proche... L’artiste est toujours seul. Il reste l’homme qui frissonne,
qui soupire et qui rit. » . Dans cette monographie ils sont, ne pouvaient être que deux.
Le danseur et la photographe. Des gestes, et des déclics. Pas un mot. Ou juste quelques phrases,
arrachées au silence, jetées au coeur du livre comme les vestiges précieux de cette complicité-là.
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